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Situé au nord-ouest de Montpellier, sur une des collines calcaires qui ponctuent l’espace entre le littoral méditerranéen et l’arrière-pays héraultais, le village de Combaillaux possède divers vestiges du Moyen Âge, notamment des fortifications datant du XIIe siècle. A l'exception de ces éléments du castrum (noyau) médiéval, la commune n’avait jusqu’alors que peu d’indices antérieurs d’occupation de son territoire. 

Toutefois, en 2017, en amont de la construction d’un lotissement au lieu-dit Les Érables, une opération archéologique effectuée par l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (Inrap) a permis d’attester une occupation dès le Néolithique et de mettre au jour le plus ancien atelier de réduction de minerai de fer de Gaule du Sud datant des Ve-IIIe siècles avant notre ère. Bien que le fer soit utilisé et travaillé par les populations locales depuis le VIIe siècle avant notre ère, cet ensemble d’aménagements témoigne pour la première fois de sa fabrication dans le Midi de la France avant l’occupation romaine (IIe siècle avant notre ère).

La fontaine actuelle de Combaillaux, en bordure de la route des Combes, capte une source qui a eu une importance prépondérante pour les populations locales.

Dès le Néolithique (premiers agriculteurs), des petits groupes ont occupé et fréquenté ses abords comme le prouve la découverte de foyers à pierres chauffées et d’outils en silex.

Durant la Protohistoire (IVe-IIe siècles avant notre ère), la source a pu être considérée comme un lieu de culte, en témoigne un lot d’objets de parures en bronze découverts à proximité. Elle a également pu servir aux artisans de l’atelier métallurgique dans la chaîne opératoire de production du fer.

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L’atelier de Combaillaux était organisé autour de trois bas-fourneaux construits sur une plateforme de 180 m2. Ces bas-fourneaux sont constitués de deux parties : l’une enterrée, composée d’une cuve couverte par une chape d’argile appelée « sole » et précédées d’une fosse d’accès en cuvette allongée permettant d’atteindre la porte des bas-fourneaux, et une autre aérienne avec une cheminée en terre ou en torchis. Si à Combaillaux les cheminées n’ont pas été conservées, les archéologues ont toutefois retrouvé de nombreux fragments aux alentours, ainsi que les cuves des fours.

En plus des bas-fourneaux, l’atelier était composé de petites constructions, suggérées par la présence de trous de poteaux et de petits foyers circulaires, et d’une zone stockage des déchets métallurgiques. Deux longues fosses (F1 et F2 sur le plan) matérialisant la présence de palissades ou clayonnages ont également été découvertes. Elles délimitaient un espace de circulation pour les hommes et pour l’air autour des fours, et ont par ailleurs pu servir à stocker le minerai avant sa réduction.

Les fouilles de 2017 ont également révélé la présence d’un four de potier carolingien, assez rare pour cette période. Situé à 160 m de la fontaine, il est totalement déconnecté de l’atelier métallurgique qui fonctionnait onze siècles auparavant. L’analyse des éléments prélevés dans le four révèle sa période d’usage et son utilité. D’après l’étude des charbons et des fragments de vases, il daterait du VIIIe ou IXe siècle de notre ère et était employé pour la production d’urnes et de cruches en céramique communes grises et oranges

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Un atelier de réduction de minerai de fer protohistorique à Combaillaux